En ces temps anciens et reculés les hommes ne savaient rien des autres hommes qui à vrai dire, vivaient dans des villages souvent pas trop lointains, car ils marchaient à pied ce qui ne leur permettait guerre de parcourir de grandes distances et ainsi découvrir ce qui se passait à la lisère de leur horizon. Ils ne connaissaient des autres lieux que ce que pouvaient permettre la portée des échos de leurs voix ou les chants de leurs crépuscules. Parfois des hommes et des femmes qui se faisaient appeler jongleurs et prestidigitateurs, habillés d’étoiles et de merveilles venaient au village et leur parlaient de toutes ces choses merveilleuses qu’ils avaient vues aux cours de leurs pérégrinations. Ainsi disaient-ils, existent au delà de la portée des échos les plus puissants, des reliefs bien plus hauts que les collines qui surplombaient le village et qu’on appelle montagnes et des étendues d’eau des milliers de fois plus grande que les petits ruisseaux que les enfants suivent en chantant et qui se perdent dans l’arrière fond lointain du pays
Mais Alimar un des jeunes du village écoutait rêvait
Ils leur apprirent qu’aux cours d’un de leur voyage ils avaient rencontré un homme qui recherchait la belle cité d’Ënai. Un homme jeune, dont leurs grands-parents et même leurs arrière-grands-parents leur en avaient décrit l’étrange errance à la recherche de la cité de son enfance. Cet homme disait les saltimbanques avait des cheveux étincelants et un regard triste mais il chantait en s’accompagnant de sa harpe magique des airs qui envoûtaient les oiseaux et émerveillaient les fleurs du printemps
Mais Alimar écoutait rêvait.
Les nouveaux venus montaient des
chevaux étincelants dont les narines dégageaient des feux brumeux et, sous de
petits chapiteaux faisaient, sous les yeux émerveillés des villageois, des démonstrations
qui dépassaient la limite de leur imagination. Les jeunes du village ainsi
qu’Alimar âgé alors de quinze, s’émerveillaient de toutes ces providences
que déployaient ces voyageurs inconnus, et écoutaient ses saltimbanques parler
de tous ces mondes merveilleux. Et quand ils s’en furent, le village ne
gardait de trace de passage de ces hommes et femmes que quelques objets
auxquelles on prêta de bien mystérieuses vertus
Mais dans la solitude de sa nuit
Alimar rêvait et attendait.
Bien des années plus tard quand
il sera devenu vieux et quand il aura élu domicile sur la croupe de la colline
qui surplombe le village où parfois la foret gémit et appelle, il parlera du
fantastique voyage qu’il fit en compagnie d’Ithar l’homme à la jeunesse
Eternelle. Dans la plénitude de son désespoir il chantera de sa voix cassée
et affaiblie par l’âge des airs immortels qui lui avait appris jadis son ami
Ithar avec lequel il avait fait de si beaux voyages. Ses chants parcouraient des
distances infinies et viennent hanter parois les oreilles de quelques âmes
simples et pures.
Mais pour le moment Alimar
attendait et Rêvait
Puis, un jour un homme vint au
village. Il n'avait point d’ombre et sa tête était ceinte d’une couronne
faite de lumières issues des aurores des pays magiques d'Orient et son corps était
habillé d’une étrange parure, une toge blanche faite d’un tissu inexistant
dans notre monde. Il tenait dans sa main une harpe dorée et chantait des airs mélancoliques
qui évoquaient la fabuleuse cité d’Ënai où naquirent son père et sa mère
et où il eut une enfance heureuse. Les habitants du village furent fascinés
par cette belle couronne qui scintillait de mille éclats. Ils essayèrent de la
mettre sur leur tête, mais elle perdit sa lumière et devint terne et morne.
Ils comprirent que cette couronne devait appartenir à un quelconque pays
fabuleux car elle ne brillait que lorsqu’elle était sur la tête de ce jeune
homme qui chantait des airs tristes et mélancoliques. Le jeune homme remit sa
couronne qui redevint étincelante et leur dit qu’il s’appelait Ithar et
qu’il était à la recherche de la fabuleuse cité Ënai. Les hommes du
village lui répondirent qu’ils ne connaissaient aucune cité qui répondait
à ce nom mais que des étranges hommes et femmes qui venaient parfois aux
village avaient évoqué l’existence d’une cité qu’ils appelaient "
la cites de rêves ". Cette cité était peut être la ville perdue que
cherchait désespérément ce jeune inconnu. Ils lui apprirent également quelle
était bien lointaine et même les cris crépusculaires de la voix la plus
puissante qui se perdaient dans les lointains flous et baveux, ne pouvaient
l’atteindre. Il leur demanda la permission de séjourner quelques jours dans
leur village. Les villageois lui offrirent l’hospitalité et lui demandèrent
de leur raconter des histoires à propos des toutes ces contrées lointaines
qu’il avait visitées
Et Alimar écoutait rêvait
Ithar sortit sa harpe dorée
dont il disait qu’elle était fabriquée à partir d’un mélange de la pureté
de douze aurores et de la limpidité de sources qui coulaient dans des pays qui
n’existaient nulle part.
Et Alimar écoutait rêvait.
Puis au troisième jour Ithar fut repris de la nostalgie de revoir sa belle cité et donna congé aux villageois. Le jeune Alimar demanda à Ithar la permission de l’accompagner car lui dit-il au village il attend et rêve de partir là où mêmes ses pensées ne peuvent errer.
- Alimar mon jeune ami ma quête est longue et mon chemin parsemé de tristesse. Reste auprès des tiens car la route sera interminable et sans espoir.
- Ithar je n’ai de famille que
mon rêve et mes espérances, laisse moi t’accompagner à travers les pays de
légendes et apprendre comme toi à jouer de la harpe et chanter ces airs mélancoliques.
- Accompagne-moi alors si tel
est ton rêve et ton attente.
Mais quand ils furent sur le point de partir, ils entendirent une voix de vieillard qui chantaient des airs que Ithar avait appris jadis à un jeune homme qui l’avait accompagné au cours de sa quête pour retrouver sa cité bien aimée. La voix était cassée et faible mais pleine d’un fol espoir. Alimar durant un instant très court crut entendre sa propre voix de vieillard.
Ils partirent par une matinée
brumeuse et grise et s’engagèrent dans des sentiers que le jeune Alimar ne
pouvait imaginer même dans ces rêves les plus insensés. Ils s’engagèrent
dans une foret touffue où habitaient des créatures qu’on appelait les Nécronoms.
Ils tuaient tous ceux qui s’approchaient de leur royaume et de leurs ossements
trempés dans une gosse marmite, ils faisaient des choses maléfiques en prononçant
des incantations diaboliques. Quand ils s’approchèrent du royaume des Nécronoms,
Ithar s’adressa à Alimar et lui demanda de ne point faire attention à
l’aspect hideux et desséché des êtres chez qui ils allaient passer quelques
jours. Ils arrivèrent aux royaumes des Nécronoms et leurs maisons étranges
faites à partir d’éléments qui appartenaient certainement à des êtres
humains ou à de quelconques animaux qui se seraient aventurés et perdus dans
le royaume interdit des Nécronoms. Alimar eut très peur mais la présence de
son ami le rassura. Ils pénétrèrent dans l’antre du roi des Nécronoms qui
avait une apparence si hideuse lugubre et sombre qu’Alimar baissa les yeux la
crainte lui secouant tout le corps. Des restes d’êtres humains usés par le
temps jonchaient le sol et des ossements qui avaient des formes bizarres
servaient de décoration ou d’objets rudimentaires.
- ne crains rien, lui dit le roi
des Nécronoms tu es l’ami D’Ithar l’errant qui nous chante des airs si
beaux et tragiques et qui sait si bien parler de la cité de son enfance.
Ithar s’adressa au roi des Nécronoms
et lui demanda si la cité des rêves dont on lui avait dit qu’elle était
peut être la cité Ënai, était encore loin.
- il faut traverser de vastes
prairies et la foret qui murmure et gémit, ainsi que l’océan où un homme
contemple la mer à l’infini. Mais pour l’heure soyez nos hôtes toi et ton
ami et chante-nous de ta harpe dorée tes airs désolés. La nuit était d’un
calme sinistre et Alimar eut de nouveau peur. Cependant la voix rassurante de
Ithar qui discutait avec le roi des Nécronoms apaisa ses craintes.
La nuit avança et quand elle
eut complètement enveloppé le royaume de ces êtres singulier un bruit se fit
entendre au dehors. Il ressemblait à un bourdonnement qui semblait provenir du
lointain. Le roi sorti dans la foret hideuse et sous la clarté argentée de la
lune tous les Nécronoms s’étaient rassemblés. Les arbres de la foret
avaient pris une couleur charbonneuse et les engoulevents et les chauves-souris
affolés volaient dans tous les sens.
Le bourdonnement devint clair.
C’étaient des sortes
d’incantations répétitives qui provenaient des fonds du néant.
Les Nécronoms semblaient fascinés
par ce bourdonnement, car ils entrèrent dans une sorte de transe rythmée par
ces étranges incantations. Au fur et à mesure que le temps passait les Nécronoms
subissaient une transformations. Ils ressemblaient de plus en plus à des formes
crépusculaires noires et déchiquetées. Finalement ils s’envolèrent dans
les méandres des cieux grisâtres et lugubres.
Alimar qui avait assisté à la
scène eut peur autant que pouvait le permettre le coeur sensible de son jeune
âge. Tout son corps tremblait et ses mains s’agitaient. Ithar le prit contre
lui et commença à jouer de sa harpe ses airs divins et tristes qui le rassurèrent.
- Quels Etranges êtres ? .
Dit-il à Ithar.
- ce sont les incarnations de
nos peurs ancestrales et les reflets de nos fautes futures
- quel était ce bruit auquel
les Nécronoms ont répondu ? .
- Alimar mon jeune ami des êtres
situés dans les horizons perdus ont invoqué par des rituels impies ces êtres
démoniaques pour accomplir quelques misérables forfaits. Vois-tu Alimar
certains humains ont conclu des accords secrets avec des forces occultes pour
assouvir une vengeance ou acquérir un quelconque pouvoir. Et comme tu l’as
constaté les êtres invoqués ont répondu à l’appel avec une fureur frénétique
et sont partis quelques part dans un endroit ténébreux. Mais écoute le son de
ma harpe et apprends à en jouer et à chanter comme tu me l’as demandé.
Le son de la harpe accompagna la voix mélodique d’Ithar qui avait reçu de la cité d’Ënai le pouvoir de rassurer les cœurs désespérés, emplit le silence d’une douce beauté et Alimar s’endormit.
Le lendemain matin Ithar et
Alimar quittèrent l’étrange royaume et continuèrent leur chemin à la
rechercher de la cité merveilleuse d’Ënai. Ils empruntèrent un chemin
entouré de part et d’autre d’arbres et de végétation luxuriante et
inconnue du monde d’Alimar. Le soleil s’était levé et ses rayons réfléchissaient
leurs ombres sur le sol qui lui-même avait une bien singulière texture. Il
arrivèrent au bord d’un lac à l’eau limpide et dans son reflet Alimar
constata que son visage commençait à présenter les marques du temps. Il
vieillissait tandis que son ami demeurait éternellement jeune. Leur voyage dura
encore des années aux cours desquels Alimar avait appris à jouer de la harpe
et à chanter ces airs divins qui avaient le don de faire roucouler les oiseaux
et de faire frémir les eaux endormis des lacs et de faire danser les vagues écumeuses
de la mer.
Alimar apprit tout cela et il
s’en souviendra toute sa vie.
Il finirent par arriver au bord d’un océan où un homme seul contemplait la mer qui avait prit un air de désolation.
- C’est Abû Oumaïda EL Aaraji. Dit Ithar à Alimar le poète arabe fou qui racontera un jour notre histoire.
Ithar s’adressa à l’inconnu
et lui parla des montagnes d’Ilmar et d’Iznar. Puis il reprirent leur chemin
vers le pays des rêves. Alimar avait de plus en plus mal à avancer car l’âge
l’avait rejoint et il était devenu un vieillard.
Sur le visage d’Ithar se lisait la désolation, et sur son cœur de sombres sanglots se déversèrent
- Je crains mon ami que tu ne doives encore m’accompagner dans mon voyage sans fin.
Mais quand ils arrivèrent dans un village où semble-t-il une foret gémit et appelle les jeunes du village qui partent et ne reviennent jamais Alimar vieilli et usé par l’âge quitta son ami pour s’installer dans une cabane située dans le haut d’une colline car son état de vieillesses avancées ne lui permettait plus de suivre son ami.
Ithar partit solitaire pour poursuive sa quête désespérée.
Alimar attendit et rêvât qu’un jour Ithar reviendra.
Bien des années passèrent et Ithar arriva dans un village où ses occupants ne connaissaient rien des alentours que ce que pouvait permettre l’étendue des échos de leurs voix. Les anciens se souvinrent d’une légende qui parlait d’un homme qui n'avait point d’ombre et que sa tête était ceinte d’une couronne faite de lumières issues des aurores des pays magiques d'Orient et que son corps était habillé d’une étrange parure, une toge blanche faite d’un tissu inexistant dans notre monde. Il tenait dans sa main une harpe dorée et chantait des airs mélancoliques qui évoquaient la fabuleuse cité d'Ënai où naquirent son père et sa mère et où il eut une enfance heureuse.
Les habitants du village furent intrigués par cette belle couronne qui scintillait de milles éclats. Ils essayèrent de la mettre sur leur tête, mais elle perdit sa lumière et devint fade et morne. Comme l’avait prédit la légende. Ils comprirent que cette couronne ne pouvait qu’appartenir à un homme issu de ces pays fabuleux dont on ne parle que dans les livres des rêves, car elle ne brillait que lorsqu’elle était sur la tête de ce jeune homme qui chantait des airs tristes et mélancoliques. Le jeune homme remit sa couronne qui redevint étincelantes et leur dit qu’il s’appelait Ithar et qu’il était à la recherche de la fabuleuse cité Ënai. Il leur demanda la permission de séjourner quelques jours dans leur village. Les villageois lui offrirent l’hospitalité et lui demandèrent de leur raconter des histoires à propos des toutes ces contrées lointaines qu’il avait visitées.
Parmi les jeunes du village un enfant âgé à peine de quinze ans et qui s’appelait Alimar écoutait rêvait.
Il demanda la permission d’accompagner cet étrange inconnu à travers les contrées inexplorées. Ithar et Alimar partirent ensemble à la recherche de la belle cité d’Ënai. Cependant comme un profond soupir Alimar entendit la voix d’un vieil homme qui chantait des airs tristes qui ressemblaient à ces chants que chantait en s’accompagnant de sa harpe dorée son compagnon Ithar. L’espace de quelques instant Alimar crut reconnaître dans ce chant faible et chevrotant sa propre voix.
Dans la colline qui surplombe le village où la foret gémit Alimar vieilli et âgé chantait ces airs que jadis son ami Ithar lui avait appris au cours d’un voyage qu’ils firent ensembles il y a bien longtemps. Mais pour l’heure dans la solitude de sa vieillesse il attendait et rêvait que son ami reviendrait un jour